Présente dans les écoles et les hôpitaux, sur les
sites de production ou au sein des points de vente, la vidéosurveillance est
devenue un marché particulièrement dynamique (voir "le marché des caméras réseau" ). Sur les seuls États-Unis, la
vidéosurveillance pèse plus de 2 milliards de dollars, et s'impose dans une
multitude de secteurs d'activité : grande distribution, banques, collectivités
locales ou encore le secteur du voyage. Au sein des entreprises comme des
organismes d'enseignement, la vidéosurveillance est utilisée pour sécuriser les
sites, protéger les collaborateurs, et se mettre en conformité avec les
réglementations en vigueur. Cette vidéosurveillance sollicite de plus en plus
le sans-fil pour maîtriser les coûts, améliorer la sécurité et fournir de
nouvelles applications jusqu'à présent non disponibles.
La vidéosurveillance sur réseau filaire ou sans fil,
appelée surveillance IP, est un réel vecteur de création de valeur dans les
domaines suivants :
- Surveillance en temps-réel des lieux publics et privés
- Sécurité et surveillance des équipements distants fixes ou nomades
- Détection et enregistrement des mouvements sur un périmètre cible pour
constituer des preuves en cas d'audit de conformité ou de contentieux.
Mais la fonctionnalité la plus remarquable en matière
de surveillance IP, celle qui serait digne d'être à l'affiche du prochain opus
de James Bond, est la diffusion en temps réel de la vidéo de surveillance sur
un équipement nomade.
À la suite des récentes fusillades sur des campus
universitaires américains, il est devenu de plus en plus évident que la
visualisation en direct et par vidéo interposée de ce qui se passe dans un
amphithéâtre est particulièrement utile pour les équipes d'urgence qui
interviennent sur les lieux d'un tel drame. La retransmission en direct d'un
flux à partir d'une caméra spécifique et via un réseau sans fil vers le
portable ou l'assistant d'un agent de sécurité est également un avantage
majeur. Cette information offre à l'agent une fenêtre de visibilité sur une
situation avant toute intervention, une visibilité rendue possible grâce à
l'association d'un réseau sans fil et de la surveillance IP. Une telle
application de la surveillance IP n'est d'ailleurs possible que via un réseau
sans fil.
Surveillance IP : oui mais encore ?
Une solution de surveillance sur IP qui privilégie le
sans-fil au filaire active le levier de la maîtrise des coûts et devient
économiquement viable pour de nombreuses entreprises pour lesquelles le coût de
la vidéosurveillance a longtemps été un frein.
L'allégement des coûts et la possibilité de diffuser
des flux de vidéo en direct vers tous les lieux d'un site (un quai de gare ou
le palier d'une pièce par exemple), rendent désormais la surveillance IP sur
Wi-Fi incontournable pour de nombreuses entreprises.
La surveillance IP s'adosse à des caméras numériques
(plutôt qu'analogiques) avec une qualité d’image qui permet de réduire le
nombre de caméras nécessaires pour couvrir un périmètre cible, et des
technologies évoluées d'enregistrement et de traitement des images qui ouvrent
la voie à de nouvelles applications : recherche de preuves ou surveillance à
distance des mouvements, des sons et de la température.
Alléger ses coûts de moitié
L'intérêt d'une infrastructure sans-fil pour une
caméra sans fil est évident, mais d'aucuns seront surpris d'apprendre que les
caméras filaires bénéficient également d'une infrastructure sans fil, en
matière d'économies notamment.
En effet, sur les réseaux filaires actuels, chaque
caméra installée en tant que composant individuel monopolise le port Ethernet
d'un commutateur. En revanche, dans les réseaux sans fil, les points d'accès
sont équipés de plusieurs ports Ethernet filaires pour y relier des dispositifs
supplémentaires (une caméra de surveillance IP en l'occurrence). Une caméra de
surveillance IP est souvent positionnée à proximité du point d'accès sans fil,
et il suffit alors d'utiliser le port Ethernet du point d'accès, ce qui évite
tout lien retour direct vers le port du commutateur et permet de substantielles
économies de câblage.
20 à 25 % des coûts d'une solution de surveillance IP
(caméra, logiciels de gestion, etc.) sont directement liés à l'infrastructure
de surveillance, mais l'essentiel du coût est généré par les services
d'installation et d'activation de l'infrastructure. Le déploiement d'une
surveillance IP et d'un réseau sans fil gagnerait ainsi à s'effectuer en
parallèle pour positionner simultanément les caméras et les points d'accès et
n'utiliser d'une seule liaison Ethernet vers le commutateur : les charges
d'installation sont alors divisées par deux ce qui met la surveillance IP à la
portée financière de nombreuses entreprises.
Qualité de Service (QoS), Sécurité et Simplicité :
trois idées phares
Contrairement aux applications temps-réel de type Voix
ou Données, la surveillance IP est constituée de deux applications :
- Une application d'enregistrement, avec un trafic
ascendant des caméras vers les serveurs de stockage, un trafic particulièrement
sensible à la perte de paquets. Une forte perte de paquets induit des pertes de
données susceptibles de remettre en cause la légitimité des enregistrements à
l'occasion d'un audit de conformité ou d'un contentieux juridique.
- Une application de surveillance, avec un trafic descendant à partir des
caméras ou serveurs, vers des assistants personnels et portables disséminés sur
le périmètre global d'un site ou d'un campus. Une latence supérieure à quelques
secondes va lourdement peser sur la diffusion des flux de surveillance.
La QoS doit être appliquée pour tous les trafics
temps-réel (vidéo ou voix) pour notifier l'ensemble des composants d'un réseau
des niveaux de priorité attribués aux différents types de flux, et ainsi
prévenir les pertes de données tout en réduisant la latence et la gigue.
Pour les réseaux filaires, la QoS est appliquée en
paramétrant les Type de Services (ToS) et les Classes de Services (CoS) qui
s'appliquent au trafic vidéo, ce qui indique la priorité relative de ce type de
flux. La QoS est d'ailleurs une technique largement répandue.
Cependant, contrairement aux réseaux filaires
commutés, les réseaux sans fil restent soumis à la congestion, d'où la
criticité de la qualité de service pour un réseau sans fil. La QoS sera appliquée
par l'infrastructure sans fil via des mécanismes de mise en file d'attente des
caméras Wi-Fi incompatibles au Wireless Multi-Media ou au WMM/802.11e.
Chiffrement et Sécurité
Les caméras de Surveillance IP filaires ne chiffrent
généralement pas le trafic entre la caméra et le serveur. Dans la pratique, la
nature d'un réseau commuté implique que l'intégrité des vidéos de point à point
soit préservée. Résultat : le chiffrement des flux vidéo sur un réseau filaire
est souvent considéré comme superflu. Pourtant, ce chiffrement est un impératif
pour les images et vidéos représentant des individus qui n'ont pas forcément
donné leur consentement.
Contrairement à une caméra filaire, dans un réseau
sans fil, le lien entre une caméra sans fil et le réseau est mutualisé, et les
flux vidéo entre la caméra et le point d'accès doivent toujours être chiffrés
pour prévenir toute visualisation prohibée des images. Si un trafic vidéo n'est
pas sécurisé efficacement :
- Les vidéos sont susceptibles d'être interceptées par
des personnes non autorisées, ce qui met en péril la confidentialité, ou pire,
la sécurité que la vidéo est sensée garantir.
- Le trafic non-sécurisé pénétrant dans le réseau peut servir de passerelle aux
pirates qui détourneraient ainsi les flux de données et mettraient en péril la
sécurité du réseau.
Le protocole WEP connaît de réelles carences de
sécurité et que le mécanisme WPA-PSK est moins sécurisé que le WPA2. Dans ce
contexte, le chiffrement adéquat du trafic ascendant implique de terminer tous
les flux de données (vidéo et autres) sur un pare-feu dont les règles
s'appliqueront à chaque utilisateur (ou équipement) de manière individuelle. Un
tel pare-feu identifie l'équipement qui émet les données et n'autorise que le
trafic qualifié sur le réseau. Dans le cas d'une caméra, le pare-feu bloquera tout
flux n'utilisant pas le protocole H.323 en particulier les flux HTTP, FTP, TFTP
et similaires.
Un des avantages majeurs d'un pare-feu hébergé par une
infrastructure sans fil porte sur les caméras nomades qui pénètrent sur le
réseau via différentes passerelles (points d'accès sans fil ou port Ethernet),
et les mêmes règles de sécurité doivent s'appliquer à la caméra, quelle que
soit sa localisation : cet objectif est plus complexe si un pare-feu externe
est utilisé.
Le cas du trafic descendant (diffusion vers un
portable ou un PDA) présente des critères de sécurité totalement différents.
Dans ce cas, il est urgent de restreindre la visualisation des flux aux
personnes autorisées, et de chiffrer les données pour neutraliser les accès
prohibés à la vidéo, spécifiquement sur le lien aval entre le point d'accès et
le client (PC portable ou assistant personnel).
Les meilleures pratiques de sécurité avec les
équipements réseaux, et plus particulièrement les équipements sans fil plaident
pour une authentification réseau des clients via un mécanisme 802.1x / Radius
(intégré à l'infrastructure sans fil, ou faisant partie d'une infrastructure de
sécurité déployée de manière plus large). Un chiffrement WPA-2 des données
(plutôt qu'un chiffrement WEP ou WPA moins sécurisé) doit être mis en œuvre
pour tous les équipements sans fil, que ces derniers reçoivent ou pas des flux
vidéo. Dans tous les cas, une telle solution reste plutôt simple à mettre en
œuvre et assure un niveau évolué de sécurité.
La simplicité avant tout
La majorité des fournisseurs de solutions de
Surveillance IP recommandent d'utiliser des réseaux virtuels (VLAN) pour isoler
les flux de vidéo surveillance des autres types de trafic et ainsi maîtriser
les phénomènes de congestion. L'utilisation d'un VLAN est certes une pratique
pertinente pour gérer la diffusion de trafic, mais elle augmente le risque
d'une multiplication du nombre de ces réseaux compte tenu du parc de caméras et
de leur localisation. Cette inflation de VLAN implique une restructuration
majeure en périphérie de réseau pour étendre les réseaux virtuels de vidéo sur
l'ensemble du réseau. Comme pour de nombreuses applications, il est plus simple
de déployer un seul réseau sans fil dédié à la vidéo sur le réseau, puis de «
tunneliser » de manière sécurisée tout le trafic vidéo vers le cœur de réseau
(et donc vers le pare-feu) et enfin, d'attribuer un réseau virtuel au trafic
vidéo à l'échelle du cœur de réseau. Cette approche simplifie le déploiement et
la gestion de l'architecture tout en optimisant la sécurité.
Quels sont les besoins de bande passante ?
L'avènement du 802.11n, qui offre de 5 à 10 fois
plus de bande passante que les réseaux sans fil de génération précédente a tous
les atouts d'une solution parfaite pour la surveillance IP. Une bande passante
importante est toujours un élément positif, mais elle sera surdimensionnée s'il
s'agit de prendre en charge un nombre restreint de points d'accès.
La compression du trafic Voix résulte d'un arbitrage
entre le niveau de bande passante, l'espace de stockage nécessaire, la qualité
des flux vidéo et les coûts de compression. Une forte compression allège les
besoins en bande passante et en espace de stockage, mais pèse sur la qualité
d'image.
Le format MPEG-4 est adapté à la majorité des
applications de Surveillance IP. Le MJPEG est néanmoins plus pertinent lorsque
l'accent est mis sur la qualité des images (constitution de preuves par
exemple) et offre l'avantage d'économiser en matière de caméra vidéo. La
consommation classique de bande passante pour un flux vidéo sera de 8 Ko par
trame (MPEG-4 en VGA) et jusqu'à 450 Ko par trame pour du MJPEG10 en résolution
2084x1536. Les vidéos seront proposées avec 10 à 15 trames par seconde (au
minimum) ce qui implique une consommation de 64 Kbps à 34 Mbps. Une vidéo à
très haute résolution risque d'accaparer la totalité de la bande passante, mais
il est classique d'utiliser une bande passante d'environ 1Mbps ou moins, avec
une capacité de stockage vidéo de 1Go par caméra et par jour.
Utilisant une technologie novatrice, le constructeur allemand Mobotix réduit
très considérablement les besoins en bande passante du réseau, et permet d’optimiser
encore d’avantage l’utilisation de l’infrastructure sans fil.
Les infrastructures sans fil sont parfaitement
adaptées à la surveillance IP. Elles allègent considérablement les charges de
déploiement, améliorent la sécurité, et prennent en charge les applications de
nouvelle génération. Dans la majorité des cas, la bande passante est largement
suffisante, même sur les réseaux qui mutualisent les flux de voix et de
données. La mise en œuvre de la surveillance IP en parallèle du déploiement
d'une infrastructure sans fil est également un levier majeur d'économies.
Par Roger Hockaday, Directeur du Marketing, Aruba networks, EMEA
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