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L’Arcep fait rentrer le
Wi-Fi dans le rang des technologies taxées
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L’autorité de régulation estime que le marché du
Wi-Fi est mature et suffisamment dynamique pour mettre fin à son traitement
de faveur. Les opérateurs devront désormais s’acquitter d’une taxe et
garantir la qualité de leurs services.
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C'est la
rançon du succès. L'essor considérable du Wi-Fi en France et les conclusions
d'une étude sur marché de l'accès à l'Internet sans fil pousse aujourd'hui
l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep)
à mettre fin au régime dérogatoire des réseaux Wi-Fi ouverts au public. Les
opérateurs devront désormais se plier aux obligations applicables à tout
opérateur de communications électroniques. 210 opérateurs Wi-Fi sont aujourd'hui
déclarés auprès de l'autorité.
L'étude,
réalisée au second semestre 2006, indique ainsi que la France comptait fin 2006
plus de 37.000 hotspots Wi-Fi. Au coté des 3.600 points d'accès payants
administrés par des opérateurs professionnels, une offre privée de 30.000
réseaux Wi-Fi s'est largement développée. Ces points d'accès qui proposent une
double gestion publique/privée - une différenciation entre le propriétaire
de la borne et les invités de passage - sont majoritairement issus de
l'offre Livebox Pro d'Orange qui totalise 20.000 points. Le réseau FON totalise
pour sa part plus de 7.000 points d'accès. Enfin, quelques centaines de
hotspots sont restés gratuits. On les trouve dans les cafés, les restaurants et
dans certaines municipalités.
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Les 3.600 hotspots payants ont dégagé un chiffre d'affaires de 18
millions d'euros en 2006, réalisé à 80 % par les hôtels et de façon
marginale dans les centres de congrès, gares et aéroports. Le marché est ainsi
passé de 18 millions de minutes consommées par mois en 2005 à 40 millions en
2006. "Juste assez pour équilibrer les comptes des exploitants",
précise l'Arcep qui insiste d'ailleurs sur l'étroitesse d'un marché de niche
qui ne représente que 0,1 % du poids du marché de la téléphonie mobile.
Sans
donner de chiffres, l'étude précise que l'usage du Wi-Fi en zone rurale comme
moyen de palier aux carences du service DSL reste "relativement
marginal". Raisons de ce développement limité : la porté restreinte
des bornes Wi-Fi, de faibles débits au-delà de quelques centaines de mètres et
une contrainte technique qui veut que le débit de l'usager le plus éloigné
s'applique à tous les utilisateurs d'un point d'accès.
Par
ailleurs, les réseaux maillés - qui fonctionnent par bonds radio
successifs permettant d'étendre la couverture - restent du domaine de
l'expérimentation en France et devraient avoir du mal à se substituer aux
autres technologies à large bande telles que la 2,5G et la 3G qui bénéficient d'une large
couverture du territoire.
L'Arcep
se montre plus confiante dans le développement du Wi-Fi en zone urbaine dans le
cadre de la convergence fixe-mobile qui permet aux terminaux bi-bande GSM-Wi-Fi
d'accéder à des applications de téléphonie en VoIP à un coût moindre que sur
les réseaux cellulaires. Le Wi-Fi présente dans ce contexte des perspectives
d'évolution importantes en Europe. L'étude précise toutefois qu'il reste
difficile de prévoir le positionnement futur de la technologie qui reste
chahutée par le Wimax ou la 3G
et ses dérivés futurs.
Au
regard de ces résultats et du dynamisme industriel de la technologie, l'Arcep a
ainsi estimé qu'il était nécessaire de lever le caractère expérimental qui
conférait au marché une réglementation d'exception. Les opérateurs devront donc
désormais se plier aux obligations applicables à tout opérateur de
communications électroniques. Ceux dont le chiffre d'affaires dépasse un
million d'euros devront ainsi s'acquitter d'une taxe administrative versée à
l'Etat. Tous les opérateurs devront également garantir la permanence et la
qualité de leurs services et le respect de la confidentialité des
communications.
Guillaume
DEVAUX, JDN
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