Pascal Desaint, Directeur
Général France d’Aruba Networks
Pascal Desaint, DG France
Hervé Unal, Resp. Channel Aruba
Erwan Le Guen, Dir. commercial Be IP |
Sécuriser la mobilité en entreprise constitue un
marché en pleine évolution. Aruba en a fait son métier. La société peut-elle
tirer son épingle du jeu face à une concurrence omniprésente
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PhonethiK : Comment Aruba
peut exister sur un marché français avec des compétiteurs comme Cisco, Trapeze,
Meru ou HP ?
Pascal Desaint : Aruba a
développé en France un réseau de distribution composé d’une trentaine
d’intégrateurs certifiés proposant nos solutions de mobilité, sécurité MLAN clé
en main pour les entreprises et administrations couvrant l’ensemble du
territoire national.
Notre infrastructure de partenaires et clients s’appuie sur une équipe
technique, support après-vente et responsables commerciaux de secteurs pour le
support et suivi constructeur composé d’une douzaine de personnes pour la
France et l’ Europe du Sud, essentiellement basée à Paris sur un effectif
global de 500 employés pour l’ensemble de la société.
Aruba France a déployé avec ses partenaires ses solutions
WLAN chez plus de 400 entreprises en France, dans une soixantaine d’universités
et de grandes écoles dans le cadre du programme MIPE de l’éducation nationale,
dans plus d’une trentaine d’hôpitaux et de cliniques, de nombreuses
administrations, de grandes entreprises privées dans le domaine de la grande
distribution comme Point P et Lapeyre, dans l’industrie, des banques et
assurances, et d’autres secteurs tertiaires. Quelques exemples de déploiements
significatifs de plusieurs centaines de points d’accès sont le CNAM Paris avec
plus de 300 points d’accès légers et plusieurs contrôleurs centralisés Aruba
6000, l’université de Marseille 2 et 3, l’INSA Lyon, l’Université de Rouen,
l’Université Paris Jussieu et le groupe M6 sur son siège de Neuilly sur Seine.
Aruba
est classé numéro 2 mondial en termes de parts de marché (CP de ce jour source
Dell Oro) et est un des acteurs leaders de la mobilité et MLAN en France avec
plusieurs centaines de références opérationnelles.
Votre
stratégie d’interopérabilité avec les solutions NAC de Microsoft, Juniper
et Cisco porte-t-elle ses fruits ?
Microsoft,
Cisco et Juniper sont fortement ancrés sur le marché des entreprises, dont les
parcs informatiques sont principalement constitués de PC portables ou de bureau
professionnels, administrés par une direction Informatique et dotés de systèmes
d’exploitation, d’applications et d’outils de sécurité homogènes.
Les
entreprises et organisations qui disposent de collaborateurs nomades
n’affichent pas toujours ce degré d’homogénéité : des étudiants et
professeurs au sein d’une université utilisent leur PC personnel, des
professionnels de la santé utilisent de multiples assistants pour accéder aux
dossiers des patients pendant leurs déplacements sur site, ainsi que d’autres
plates-formes informatiques qu’il s’agisse de PC portables ou de stations
nomades dans l’hôpital, et des consultants se connectent comme invités à un
réseau d’entreprise, à partir d’ordinateurs PC ou Apple, de leur smartphone ou
encore de leur PDA.
Le
métier d’Aruba est avant tout de sécuriser la mobilité en entreprise, au sein
d’un environnement où les postes clients ne disposent pas d’un logiciel de
sécurité “normalisé”, lorsqu’ils ne sont pas tout simplement dépourvus d’un tel
logiciel. La sécurité des postes clients en périphérie de réseau, telle que
proposée par Aruba, vise plus particulièrement ces environnements hétérogènes
et se veut une brique complémentaire des offres NAC et NAP des fournisseurs du
marché.
L’enjeu
de la technologie sans fil serait-il la sécurité ou la mobilité à haut
débit (802.11n) ?
Les
deux, sans hésitation !
La
réputation d’Aruba en matière de sécurité sans-fil tient d’une vision de la
sécurité qui va au-delà d’un chiffrement cryptage évolué ou d’un système
d’authentification. Bien sûr, ces éléments sont importants, mais ils se
contentent de sécuriser la couche sans-fil tout en ignorant le reste du réseau.
Une approche globale à la sécurité est à géométrie variable, et doit intégrer
les différents niveaux de sécurité pour toutes les couches du réseau. Tous les
équipements ne seront en effet pas compatibles à un niveau de sécurité aussi
élevé et pourtant ces dispositifs, nombreux en entreprise, devront être pris en
charge.
Pour
optimiser la sécurité, il est primordial de repenser son application en
cloisonnant l’accès des équipements clients à des segments de réseau pertinent,
définis compte tenu du niveau de confiance de l’utilisateur (types de
chiffrement cryptage et d’authentification). Une sécurité optimale permet ainsi
de restreindre l’accès aux portions du réseau dont l’utilisateur a besoin pour
assurer son rôle dans l’entreprise. Pas plus. Les avantages de cette approche
sont évidents : imaginons par exemple que les identifiants d’une standardiste
ne soient plus confidentiels. Dans ce cas, l’accès restreint attribué à la
standardiste permet de maîtriser les conséquences de cette divulgation.
Actuellement,
ce type de sécurité se concrétise par une hiérarchisation du réseau en
différentes zones et via des réseaux virtuels VLAN. Avec cette méthode, les
limitations d’accès s’appliquent aux utilisateurs du VLAN. La mobilité remet en
cause ce modèle de sécurité. Pour en revenir à notre exemple, le PDG comme la
chargée d’accueil sont tous les deux susceptibles de se connecter à la même
interface sans fil et à partir du même lieu.
L’approche
d’Aruba privilégie une sécurité basée sur l’utilisateur pour offrir aux
entreprises une sécurité multi-couche et optimisée, parfaitement adaptée à la mobilité. Cette
sécurité fondée sur l’identité de l’utilisateur sera encore plus essentielle
avec l’avènement du 802.11n, puisque cette norme favorise le très haut-débit et
apporte le sans-fil à encore plus de personnes.
Le
802.11n deviendra sans aucun doute la norme de facto pour la connectivité sans
fil. Les entreprises plébiscitent déjà des débits annoncés à plus de 200Mbps,
ainsi que l’extension des périmètres de couverture. Mais l’adoption de cette
nouvelle norme doit être sujette à précaution pour les entreprises
néo-utilisatrices.
Le
802.11n accentuera la superficie de couverture mais pour que cette amélioration
soit significative, le point d’accès et les postes clients devront a minima
prendre en charge deux “flux aériens”, autrement dit deux schémas de propagation
du signal. Cette exigence implique de simplifier la conception de certaines
portions physiques du réseau, puisque les débits seront moins tributaires des
distances. Résultat : un périmètre donné sera couvert par un nombre de
points d’accès, et donc de cellules Wi-Fi, moins élévé.
Cet
allégement du nombre des points d’accès permettra, dans un premier temps, de
réduire les coûts d’installation et le nombre de ports de commutation dans les
baies de brassage. En revanche la facture de déploiement du 802.11n devrait se
creuser à partir de 2008 et 2009, pour ressortir plus lourde que celle des
réseaux 802.11a/b/g. Du coup, la majorité des équipementiers vont offrir une
solution intermédiaire au 802.11n en 2007, bien que peu d’entreprises puissent
réellement tirer avantage de cette offre. En effet, les utilisateurs
compatibles à cette nouvelle norme resteront peu nombreux et les réseaux
802.11a/b/g seront toujours activés pour prendre en charge tous les dispositifs
existants. D’autre part, les mises à jour réseau en matière de câblage et de
brassage impliqueront davantage de bande passante et de puissance disponible
vers les aux points d’accès 802.11n, tandis que la prise en charge des pilotes
pour les nouveaux (et sans doute immatures) équipements 802.11n sera une
contrainte supplémentaire pour de nombreuses directions informatiques.
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